Bernard Werber : expériences extraordinaires

Bernard Werber, je l’ai connu quand j’étais au lycée en lisant les Thanatonautes et L’encyclopédie du savoir relatif et absolu. Un auteur qui se dévore avec plaisir au fil d’anecdotes surprenantes, nous entraînant dans des histoires passionnantes qui ont le mérite de nous faire réfléchir sur le monde qui nous entoure.

Mercredi 23 novembre 2016, j’ai eu la chance d’assister à son spectacle inédit au théâtre des feux de la Rampe, intitulé « Histoires extraordinaires, expériences amusantes ». Retour sur un moment délicieux conté par un auteur discret et captivant.

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« Je crois que le métier de romancier est incomplet s’il n’est pas suivi de son métier source : conteur. Tous les romanciers sont issus des conteurs du soir, au coin du feu […] »

C’est donc en conteur que Bernard Werber nous a distraits ce soir, narrant des épisodes de son adolescence qui l’ont mené à écrire et à pratiquer l’hypnose. Il a d’ailleurs pris le temps de nous faire expérimenter une séance d’hypnose collective où les spectateurs ont quitté pendant plusieurs minutes le siège du théâtre pour aller rejoindre une maison sur une île déserte et y découvrir un manuscrit cachant une phrase bien personnelle. Pour une première expérience, je me suis sentie totalement relaxée.

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Au delà des histoires extraordinaires entrecoupées d’interactions, ce spectacle a fait résonance avec deux questionnements qui me turlupinent  en ce moment :

  • Si je devais mourir demain, je n’aurais encore rien fait de ma vie. Oui oui, dit comme cela on ne comprend pas le but de cette affirmation, mais enfermée dans cette salle de spectacle, je n’ai pu m’empêcher de penser aux attentats de novembre 2015 et de me dire « Si cela devait arriver aujourd’hui, je ne pourrais pas y croire car j’ai encore trop de choses à vivre en ce bas monde. Cela ne peut pas m’arriver, il manquerait une partie de l’histoire ». Quelques minutes après cette sombre pensée, Bernard Werber a évoqué un épisode de son adolescence où il a dû faire face à la menace imminente de la mort, et sa réaction s’est portée sur ce constat : il me reste encore tant de choses à faire avant de partir.

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  • L’expérience de vivre en pleine conscience : prendre le temps de s’arrêter de faire pour être. Ne plus penser à 20 000 sujets à la fois en se disant que l’on gagne du temps, que l’on anticipe, que l’on prépare l’après. Apprendre à vivre l’instant T, en ayant conscience des sons, odeurs, saveurs, paysages qui nous entourent, même dans des gestes simples du quotidien. Histoire de ne pas se transformer en pantin omnibulé par l’action de faire, téléguidé par les obligations pratiques que l’on s’impose. Essayez juste de prendre quelques minutes pour faire le vide et avoir conscience de ce que vous faites, en savourant chaque bouchée d’un aliment par exemple, ou en fermant les yeux pour mieux écouter les sons qui vous entourent (oui je sais, c’est mieux de nuit à la campagne avec les grillons en toile de fond qu’en plein cœur parisien.)

Des expériences humaines donc, des interrogations sur ce que nous sommes et ressentons, mais aussi beaucoup d’humour, les coulisses de la narration et de l’écriture d’un roman, et surtout des voyages à travers l’espace et le temps.

L’Afrique, le Népal, l’espèce humaine, tout est propice à l’expérimentation, et nous sommes embarqués comme des enfants sur les images des récits qui jalonnent la salle de spectacle.

Histoire de relativiser ce qui nous arrive et de nous rappeler de rester humble dans un univers qui nous dépassera toujours. D’avoir conscience de notre finitude. Cette vidéo projetée le soir du spectacle vous en fera goûter le vertige mieux que n’importe quel discours :

Un spectacle que je ne saurai que vous conseiller, bien que nous n’ayons pas encore les dates de la tournée en France. J’en suis ressortie dans un état paradoxal : l’esprit léger et relaxé grâce aux séances d’hypnose, mais en même temps consciente du poids de cette existence que je ne sais pas toujours prendre par le bon bout. De quoi engager une longue réflexion.

Et pour les lecteurs, le prochain livre de Bernard Werber intitulé Demain les chats, en vente depuis le 1er octobre. J’aime beaucoup la citation qui ouvre le roman :

Le chien pense : « Les hommes me nourrissent, me protègent, m’aiment, ils doivent être des dieux. »

Le chat pense : « Les hommes me nourrissent, me protègent, m’aiment, je dois être leur dieu. »

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4 Commentaires

  1. Merci pour cette critique qui donne envie de voir ce spectacle et de se plonger dans le nouveau Weber !

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Nous n’avons pas encore les dates de la tournée mais je vous les communiquerai le plus vite possible.

  2. Claire (alias le colyte) dit : Répondre

    Ah ben voilà : je ne savais pas quoi lire en ce moment, merci du conseil !!!
    Le spectacle à l’air super, on viendra à Paris pour le voir car j’ai bien peur qu’il ne soit pas attiré par l’Auvergne !
    Un très bel article dans lequel on te reconnaît bien.

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Merci Claire ! Le spectacle était vraiment captivant et qui sait, peut être que l’Auvergne sera touchée par la tournée !

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