Courir sous la pluie, ça c’est Paris !

Paris, 13 juin 2016. Alors que mes amies avignonnaises entament avec insouciance leur premier bain de mer, je subis la foudre du déluge parisien comme la plupart de mes confrères franciliens.

« On n’avait pas vu ça depuis 1910 vous vous rendez compte ? » me dit la secrétaire, outrée par ce climat délétère.

Soit. En attendant, la pluie continue de tomber, et avec elle s’envolent mes bonnes résolutions sportives :

  • Aller travailler à vélo ? Non merci, je ne veux pas arriver devant mes élèves avec l’allure d’un chien mouillé.
  • Partir randonner le week-end ? Pour se prendre un orage sur la tête, à d’autres.
  • Faire de l’escalade aux 25 bosses ? On va éviter de glisser des rochers et de se retrouver avec le poignet fracturé.
  • Boire un verre en terrasse ? Ah oui, on était dans les bonnes résolutions…Mais quand même, elles en prennent un coup, les soirées en terrasse.
  • Et le plus grave, le plus scandaleux, le plus inadmissible dans l’affaire, c’est que je ne peux plus aller courir !

Courir sous la pluie

Voilà plusieurs semaines que je procrastine, remettant au lendemain mes courses hebdomadaires qui se retrouvent à force de décalage reléguées au second plan. Mais oui ça va forcément s’arranger, autant attendre un peu, je ferai ma séance plus tard… Résultat : il pleut quasiment tous les jours (et les jours où il ne pleut pas le destin me fait terminer plus tard au travail) et la motivation commence à prendre la poudre d’escampette.

En plus, la consultation des sites météo pour la semaine prochaine est formelle, la pluie ne va pas nous lâcher de sitôt. Tant pis, je vais devoir laisser mes réflexes de fille du sud de côté et me lancer sous l’ondée.

Même si j’avais déjà couru sous la pluie (cf. CR des 10km de l’équipe), j’ai décidé d’appréhender cette session avec l’âme d’une pro (ironique) en appliquant quelques conseils rudimentaires, notamment grâce au blog Jiwok qui semblait maîtriser le sujet. 

Courir sous la pluie

Retour sur une expérience ébouriffante en plusieurs points :

  • Choisir l’équipement adapté : j’ai nommé le coupe-vent imperméable qui va stopper la progression de l’eau, une casquette pour protéger votre visage (la simple capuche ne protège pas les yeux), et surtout une vielle paire de running. Même si les baskets sont faites pour résister à toutes les folies climatiques, mieux vaut laisser la paire flambant neuve de côté ce jour-là, au risque de l’abimer plus vite. En ce qui concerne le coupe-vent, j’ai choisi la marque Kalenji, modèle entrée de gamme, et je le trouve très pratique, à la fois esthétique et assurant une bonne protection contre la pluie. Le seul hic : les couleurs proposées ne sont pas forcément super fun, mais il contient des éléments rétro réfléchissants pour être visible par temps gris.
  • Courir en toute légèreté : ce n’est pas parce qu’il pleut qu’il fait forcément froid. Sauf en cas de faibles températures, ne portez pas trop de couches sauf si vous aimez la sensation étouffante et oppressante des temps orageux. Évitez par-dessus tout les vêtements en coton qui vont vite s’imbiber et peser sur votre corps comme si vous portiez une couverture trempée.
  • Rester visible par tous les temps : car temps de pluie rime souvent avec temps tout gris, faites-en sorte d’annoncer votre présence par des vêtements aux couleurs flashy ou rétro réfléchissants. Cela vous permettra d’éviter de vous faire rentrer dedans par un vélo fou furieux ou pire, un motard belliqueux.
  • Protéger son matériel : smartphone, montre ou autre appareil électrique ne seront pas épargnés, pensez à les protéger avec des étuis adaptés. Pour ma part j’utilise une Garmin étanche, donc je ne prends pas en compte cet aspect, mais mon amie qui court avec son téléphone le met systématiquement dans un brassard qu’elle porte autour du bras.
  • Se réchauffer après la course : Glagla ! Quand vous finissez une séance de course sous la pluie, pensez vite à retirer vos vêtements et à prendre une bonne douche chaude pour éviter de vous refroidir car c’est là que vous risquez d’attraper un gros rhume. Faites aussi sécher vos chaussures avant de les ranger, sinon bonjour les odeurs à supporter.

Courir sous la pluie

Comme me le disait souvent un ami du club, courir sous la pluie, ce n’est pas si désagréable. Il faut s’habituer aux premières gouttes qui tombent en sortant de la maison douillette mais une fois lancés, on ne se rend (presque) plus compte des désagréments et la sensation de rafraîchissement est assez unique, à tester !

Pour peu que je mette le générique de GOT dans mes oreillettes, j’ai l’impression d’être une guerrière résistante qui brave le déluge pour atteindre une contrée lointaine, seule espoir vivante de trouver l’antidote qui sauvera la planète d’un virus destructeur. Ceci dit, ma faible vitesse de croisière et les chiens qui se secouent à mes côtés (vive le bois de Vincennes) me ramènent vite à la réalité.

Je finirai avec une phrase bateau mais sensée : le plus dur est de se lancer car une fois que vous êtes dehors, vous avez déjà fourni 90 % de l’effort. Et puis, le running est un sport d’extérieur, ce qui suppose de braver les éléments naturels quelle que soit la saison et le temps qu’elle nous impose. Que serait l’Euro en ce moment si les footballeurs ne pouvaient jouer à cause de la pluie ?

Heu, c’est bien gentil tout ça mais que fait-on quand on porte des lunettes mam’zelle ? me demande mon collègue exaspéré par les gouttes qui tombent le long des verres embués. Dans ce cas là, pas d’autre choix que la casquette pour protéger vos mirettes.

Running in the rain ? C’est quand vous voulez!

6 Commentaires

  1. Ah ah ah! Excellent la désillusion du super héros! Mais dis donc, la secrétaire n’avait pas évoqué la (fameuse!) inondation de 1908 plutôt??? 😉

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Il me semble qu’elle a fait un amalgame de toutes les inondations du siècle pour dramatiser le présent !

  2. Rébecca dit : Répondre

    J’ai testé la course sous la pluie à St-Petersburg 🙂 Mais ce n’était pas une pluie diluvienne non plus. Niveau son j’aime beaucoup les thèmes épiques de Thomas Bergersen, idéal pour se mettre en warrior mode ! Je sais pas si tu connais. Bises et bon courage avec le mauvais temps parisien. Summer is coming

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Oh quelle chance, courir à Saint Petersburg..Sinon merci de m’avoir fait découvrir les thème de Thomas Bergersen, ils vont très bien avec la course épique sous la pluie ! L’âme de la warrior revit enfin en moi !

  3. Nous voici prêts à affronter les éléments .
    Merci pour tes précieux petits conseils. En attendant la reprise ai tenté un petite marche sur les collines de l’yonne, la douleur est bien présente . J’ai bien peur que les 8 jours de repos restant ne soient pas suffisant. 😢

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Tu as accès à un terrain formidable pour reprendre en douceur dans l’Yonne (bon, d’accord, ça monte plus qu’à Paris !), vas y tout tranquillement… La marche c’est très bien pour s’y remettre. Courage !

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