Festival d’Avignon 2016

Surprenant, éclatant, séduisant festival !

Pour la 10ème année consécutive, je plonge mon nez dans le programme du OFF et me laisse aller à la douce saison estivale qu’est celle des spectacles ! Si à Paris je vais régulièrement au théâtre, je reste charmée par la ville d’Avignon au mois de juillet, ses lieux mythiques et ses garages improvisés, où tout atelier peut se convertir en scène artistique.

Malgré la chaleur et les rues bondées, une atmosphère particulière s’empare de la ville, vitrine du spectacle vivant telle que l’avait souhaité Jean Vilar en 1951 avec le TNP, théâtre national populaire (on voit que j’ai fait mon TPE sur le festival d’Avignon, non ? :).

Théâtre, danse, magie, cirque, concerts, lectures…il y en a pour tous les goûts, que vous soyez riche ou fauché, professionnel ou amateur, inculte ou intello, le festival rassemble et réunit.

Depuis toute petite, je suis euphorique à l’idée d’aller observer les parades de comédiens et les animations dans la rue, et j’essaie d’aller voir une dizaine de spectacles chaque année, en fonction de mon budget. Le plus dur dans l’affaire, c’est de se repérer dans les choix qui sont proposés car avec plus de 1000 spectacles à l’affiche, le programme du OFF reste un véritable casse-tête au moment de la prise de décision.

Les danseuses de la place du Palais des Papes
Les danseuses de la place du Palais des Papes

Plusieurs critères sont à prendre en compte tels que :

  • les théâtres dans lesquels les pièces sont jouées : théâtre des Halles, théâtre de la condition des Soies, théâtre du chien qui fume, théâtre des Carmes, Le petit Louvre… offrent en général des programmations de qualité.
  • Les compagnies qui reviennent plusieurs années d’affilée gagent aussi d’une certaine notoriété.
  • Mais encore et surtout, le bouche à oreille :

« Heu, d’accord, mais là tu nous proposes un article sur un festival qui se termine dans trois jours, c’est bien joli mais un peu tardif, non ? » Oui, je sais, en été je suis souvent en mode ralenti, tel le paresseux de zootopie…mais pour ma défense, beaucoup de pièces qui sont jouées à Avignon en juillet tournent dans les autres villes tout au long de l’année ! Et toc !

Voici donc mes trois coups de cœur du festival 2016, à suivre de près si vous en entendez parler près de chez vous :

Victor Hugo mon amour

Victor Hugo mon amour et sa lettre secrète

Après plus de 750 représentations, Victor Hugo mon amour mis en scène par Anthéa Sogno n’a plus besoin de faire ses preuves. Connaissez vous Juliette Drouet, cette actrice qui a été la maitresse de Victor Hugo pendant près de 50 ans ? Ce couple mythique a échangé plus de 20000 lettres d’amour témoignant des grands moments de leur intimité, mais aussi de leur engagement littéraire et politique. A travers cette merveilleuse correspondance, découvrez une vie rythmée par l’amour et le désir mais aussi la frustration car par jalousie l’écrivain demandera à Juliette Drouet d’abandonner la scène, ce qu’elle acceptera pour vivre cloitrée chez elle, passant ses journées à lui écrire tout ce qui lui trottera par la tête. Amateurs de littérature, d’Histoire et de sensualité, cette pièce vous fera tomber amoureux car « Aimer, c’est plus que vivre »

Un spectacle d’Anthéa Sogno, mise en scène de Jacques Décombe.

Dans la peau de Cyrano

Alors là il s’agit d’une performance d’acteur que je qualifierai d’époustouflante !

Colin fait sa rentrée dans un nouveau collège. Plutôt mal dans sa peau et réservé, il n’ose pas s’exprimer en public d’autant plus qu’il bégaie et qu’il est inscrit d’office au club théâtre animé par son professeur de français. « Cette année, on jouera Cyrano de Bergerac ! » Tiens tiens…Et si ce rôle lui permettait de s’émanciper et d’accepter sa différence ?

En un jeu de comédien virtuose, Nicolas Devort interprète tous les personnages de la pièce, suscitant l’émotion, les rires et les larmes. Un spectacle inoubliable où le texte d’Edmond de Rostand transparait derrière la métamorphose d’un adolescent.

Un spectacle de Nicolas Devort.

Et mon chouchou pour la fin : Fabrice Luchini et moi

Olivier veut devenir comédien. Jeune homme sûr de lui et narcissique, il fait la rencontre de Fabrice Luchini au détour d’une rue parisienne, et ose lui demander de lui donner des cours de théâtre pour lui apprendre à devenir célèbre. Plus intéressé par la gloire et la notoriété que par l’amour des vers et de la littérature, Olivier va vite se rendre compte que son professeur ne cherche pas à lui inculquer un chemin tout tracé vers le succès mais une approche différente du théâtre tournée vers l’art et l’humilité. Rencontre explosive entre un jeune homme qui n’a d’yeux que pour le « sport et les gonzesses » et un amoureux des mots qui cherche à montrer combien Baudelaire, La Fontaine et Molière sont atemporels. En trois leçons, Fabrice Luchini va apprendre à Olivier que l’on peut jouir avec la littérature, s’enivrer de lettres, rire avec des vers et faire chavirer des femmes grâce à Flaubert.

Génial et inventif, Olivier Sauton incarne avec brio Fabrice Luchini tant dans sa gestuelle et son timbre de voix que dans sa si singulière personnalité.  En sortant de cette pièce vous aurez envie de rire, de lire, de découvrir mais aussi de réfléchir, car l’auteur sait exactement où appuyer pour nous questionner sur notre époque et nous réconcilier avec la culture. Et en plus, le début de l’histoire est tiré de l’expérience personnelle d’Olivier Sauton.

La bonne nouvelle ? A la fin de la pièce, j’ai bien entendu acheté le texte que je me suis fait dédicacer et ai posé la question essentielle : allez vous jouer à Paris ? Et la réponse est… Oui ! Vous pourrez donc retrouver Olivier Sauton dans Fabrice Luchini et moi au théâtre de l’Archipel, du 7 septembre 2016 au 14 janvier 2017.

Un spectacle d’Olivier Sauton.

Dans la fraicheur du cloitre Saint Louis
Dans la fraicheur du cloitre Saint Louis

Alors, prêts à lever le rideau sur le plus grand théâtre du monde ?

4 Commentaires

  1. Et moi qui viens ici alors que c’est terminé. Point d’Avignon pour moi ! J’aurais bien été tenté par l’adaptation du 4ème Mur de Sorj Chalandon, mais visiblement ce n’était pas à la hauteur des attentes. L’an prochain peut-être !

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      L’année prochaine peut être ! Effectivement il paraît que l’adaptation du quatrième mur n’était pas à la hauteur du superbe roman.

  2. Rébecca dit : Répondre

    Merci Elsa pour cette petite review ! J’avoue que je n’ai jamais mis les pieds au festival d’Avignon… Honte à moi ! Il va falloir rattraper cela l’été prochain ! Mais les petites et grandes scènes lyonnaises et autres café-théâtres de ma chère ville ont le mérite d’accueillir bien souvent des artistes qui se sont produits au festival, ce qui rattrape un peu cette énorme crevasse dans ma culture :p Bises !

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Oh oui je me doute bien que tu dois trouver de quoi te nourrir en théâtre à Lyon. Quoi qu’il en soit, je t’attends de pied ferme à Avignon l’an prochain, plus d’excuses 😉!

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