Les 10km de l’Equipe 2016 : compte rendu

Ou comment tenter de défier son chrono malgré un temps qui vire à l’eau ?

Le dilemme est cornélien en ce matin du mois de mai : rester sous la couette ou affronter un 10km version tempête ? Surtout ne pas trop se poser de questions, laisser son cerveau de côté et franchir l’étape la plus difficile de la journée : éteindre le réveil beuglant et mettre les pieds hors du lit douillet.

Pendant que je prends mon petit déjeuner avec un gâteau sport consistance parpaing, la pluie dégouline littéralement sur les fenêtres grises de mon appartement. Des images désagréables surgissent dans mon esprit :

Les pieds qui font floc-floc dans les chaussures, les gouttes qui tombent dans les yeux, le dossard qui se ramollit avant de se déchirer…sans compter la crève d’après course.

Courir sous une pluie fine et intermittente, pourquoi pas, mais là il s’agit d’un véritable déluge prêt à refroidir le plus courageux des bretons. Pendant que le doute s’immisce doucement en moi, la parole d’un ancien du club me revient en mémoire : « Ha ha, ceux qui ne vont pas courir dès qu’il y a trop de vent, de pluie ou de neige, ce ne sont pas de vrais sportifs, juste des amateurs du dimanche ! »

Et dire que j’allais le revoir mardi prochain sur la piste… Pour sûr il me charrierait. Le peu de dignité qui me reste se doit d’être sauvé, sans plus attendre, je brandis mon kway et file à l’assaut du tramway.

10km de l'Equipe

La pluie venait de cesser mais le temps était moite, propice à vous faire transpirer avant même d’avoir commencé mais je décide malgré tout de m’arrêter à Saint Paul pour trottiner un peu avant d’atteindre les SAS.

Après avoir rejoint des amis coureurs devant le BHV et un petit échauffement, me voilà dans la foule des départs prévus à 9h10, soit ceux dont le temps estimé avoisine les 47min.

Que ce soit bien clair entre vous et moi : je suis avant tout une endurante tortue. Mon expérience sur des courtes distances se résume à deux 10km : Odysséa en 1h01 (2013) et Les foulées de Vincennes en 51’23 (2015). Je ne suis donc pas une rapide, loin de là et encore, je ne vous dis pas dans quel état je suis arrivée quand j’ai réussi à faire 51’23 ! Bref, si je me suis inscrite dans ce SAS de surhumains, c’était tout simplement pour partir un peu plus tôt vu que j’avais des affaires urgentes à régler l’après-midi.

Coup de bol, je croise ma copine Angélique dans le SAS et pour me justifier d’un futur temps pourri, je ne cesse de lui rabâcher les oreilles avec des excuses du genre « Non mais tu sais je ne m’entraine plus, en plus j’ai des migraines en ce moment et si tu savais ce que j’ai mangé hier soir…Vraiment, je ne pars pas pour faire un temps, si je mets 59min ce sera très bien ». Et hop le tour est joué, je peux y aller tranquille, je suis dédouanée !

Le coup de départ est lancé, je lance ma garmin et mes jambes filent, un peu emportées par la foule qui s’élance, il est vrai.

Au rythme de la musique et des applaudissements (bon, c’est pas non plus la folie bergère), je déroule ma foulée et constate avec surprise que je me sens plutôt dans une bonne dynamique de course. Contre toute attente, je franchis les 5 premiers km en 25min40, narguant les quelques côtes casse pattes jusqu’à Daumesnil.

Je ne peux plus faiblir ! C’est le problème, une fois que je vois que je suis bien partie, je me dis qu’il n’est pas possible de flancher, que je dois continuer sur cette lignée, quoi qu’il arrive.

L’envie de garder ce rythme me démange, je ne m’arrête donc pas au ravito et profite des descentes pour accélérer, passant le 6ème km à 4’50.

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Aie aie aie c’est dur ! La dernière ligne droite qui va de Nation à République m’est très pénible mais tant pis, il faut que je persévère, ce n’est qu’un 10km. A côté de moi, deux copains charrient en boucle un certain Benoit qui peine à avancer (Enfin, par rapport à eux, en fait il est exactement au même niveau que moi), le prennent en photo, crient son nom… Et l’heureux intéressé semble à la fois gêné et motivé ! Je les regarde en riant, et essaie de les imaginer en lièvres pour les suivre.

Une flopée de questions se bouscule dans mon esprit : la fête des mères, les calories que je perds, mon dernier 10km, ma soirée de la veille, la dernière fois que je me suis lavée les cheveux… Tout est bon pour oublier les derniers kms.

Tandis que les deux copains larguent le fameux Benoit au 8ème en lui disant « Tu nous rejoindras à l’arrivée », je m’accroche à lui sans qu’il le sache et arrive au 9ème avec la sensation que la fin approche.

Elle est là, je l’aperçois, toute droite et colorée, la ligne d’arrivée ! 500 mètres encore, surtout ne pas lâcher, j’ai envie de vomir mais supplie mon corps d’attendre un peu, j’essaie d’accélérer mais n’y parviens pas et le comble de l’injustice se dévoile à moi : Benoit sprinte comme un dingue et s’efface au milieu des autres coureurs (l’ordure !), me laissant seule sans lièvre dans cette épreuve finale.

C’est à grandes foulées que je franchis la fin, exténuée mais ravie fallait-il qu’aujourd’hui je booste mon chrono : 50min30, youhou !

10km de l'Equipe

Même si je suis très fière de ce temps, une petite voix intérieure se manifeste pour me dire tout de même « T’aurais pu passer sous la barre des 50’… » mais j’essaie de ne pas l’écouter, après tout ce n’est que mon 3ème 10km, la marge de progression est encore large.

Après avoir récupéré ma médaille je rentre chez moi assez rapidement pour ne pas me refroidir, prends une douche brûlante et un thé tout aussi chaud et file pour la meilleure récupération qui soit : le resto d’après course !

Un grand bravo à tous les participants à cette édition du « plus grand 10km de Paris », et n’hésitez pas à partager vos compte rendus de course dans les commentaires, pour que les sensations se poursuivent.

Benoit, si tu lis ces lignes, sache que tu m’as été d’un grand secours !

 

 

10 Commentaires

  1. Bravo Elsa, super chrono! Et effectivement, pour un 3ème, ta marge de progression est encore large et tu as encore de belles courses devant toi! Belle semaine

    1. Elsa dit : Répondre

      Merci beaucoup ! Si j’ai bien compris c’est bientôt à toi de jouer le 05 juin pour un 10km 🙂

  2. Super article Elsa, mais dis-moi, le coup de la migraine me parle vachement bizarrement! 😉 (ce n’est pas une excuse, promis, j’ai encore mal!). Plus sérieusement, c’était mon premier 10km et je ne savais pas à quel point le chrono était important sur cette distance. C’était fou toutes ces personnes qui tombaient de douleur ou vomissaient sur le bord de la route, juste pour faire un meilleur temps. Je pense finalement que le semi-marathon me conviendra mieux. Je préfère l’endurance à la vitesse; c’est moins douloureux!

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Je suis tout à fait d’accord avec toi, et dans mon cas, l’épreuve du 10km est plus intense physiquement qu’un 20 bornes ou un semi. En tout cas bravo pour ton chrono !

  3. Rébecca dit : Répondre

    Quelle warrior cette Elsa ! Respect !

  4. Ahhh Je suis daccord avec vous, Je prefere les semi! Beaucoup plus de plaisir pour moi!
    En tout cas bravo pour ce RP! Tu cours dans quel club??

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      On se retrouvera peut être au semi de Paris alors ! Je cours avec la SAM Paris 12, club associatif dans le 12ème. Ils sont au top !

  5. Angele dit : Répondre

    Bravo pour ce super article !
    Je me suis reconnue dans ce que tu décrivais, ta copine de course à pied 🙂

  6. Bruno dit : Répondre

    Superbe temps! 🙂

    J’espère faire aussi bien quand j’aurai récupéré un vrai genou^^

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Tu vas voir, tu seras même au delà ! A toi la barre des 49min 🙂

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