Oui aux 20km de Paris

C’est encore sous l’euphorie de cette splendide matinée que j’écris cet article, le ventre bien tendu après un passage au Chibby’s dinner et des images ensoleillées plein la tête. Assise à mon bureau je rêvasse, ressasse et repasse sans l’ombre d’une lassitude le chemin parcouru depuis la sonnerie alarmante du réveil à 7h. Calme et décontractée, je sens les petits tiraillements d’après course qui chatouillent mes cuisses, les courbatures dans la nuque trop tendue et quelques douleurs musculaires qui poussent dans les mollets. Pourtant, je suis dans un état de bien être intense. Comment en suis-je arrivée là ?

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Ces 20km de Paris, je m’y étais inscrite sans vraiment y croire, persuadée qu’en trois semaines d’entrainement je n’arriverais pas à décoller des 2h, temps que je jugeais plus qu’honorable au demeurant. Après avoir englouti un plat de tagliatelles la veille (histoire de me donner bonne conscience), j’ai passé une nuit semblable à toutes les nuits qui précèdent les courses : chahutée.

7h du matin, le réveil me signale son existence alors que je viens tout juste de plonger dans un sommeil profond, je m’extirpe du lit et me rends compte qu’il fait froid, il faudrait penser à remettre le chauffage, songeais-je à ce moment là en un bâillement magistral. A défaut, je brandis mes chaussettes de laine. Petit déj’, gâteau sport décongelé qui date du marathon (mauvaise idée), habillage express et doudoune sur le dos, je quitte mon domicile à 8h pétante pour aller rejoindre le groupe de Samiens dans le métro.

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Quelques arrêts plus tard nous arrivons à la station Bir Hakeim, le soleil nous offre sa plus belle parade en ce matin automnal, on le voit qui se cache derrière la tour Eiffel, prêt à nous narguer de toutes ses couleurs pour la course. Sacs déposés au vestiaires, nous rejoignons notre SAS et là je glisse à l’oreille du groupe la question fatale  » Qui a envie de faire pipi ? » en espérant recruter des copines intrépides pour aller à l’assaut des toilettes en kit, ou au moins donner envie à celles qui n’y auraient tout bonnement pas pensé. Après ce parcours du combattant, nous sommes prêts à partir, le compte à rebours est lancé, 3,2,1 on y va !

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Dans le SAS de départ avec le groupe de la SAM

Quel goulot d’étranglement au départ ! Les coureurs sont collés les uns aux autres, certains râlent délibérément « Et mon chrono ? », d’autres poussent avec acharnement, et moi dans tout ça j’attends patiemment que chemin se fasse.  Les deux premiers kilomètres montent sournoisement, j’essaie de suivre Sylvain (un collègue du club) mais je le sens plus à l’aise, il arrive à parler sans flancher alors que je préfère m’économiser pour la suite. Il y en a 20 à faire, qu’on se le dise ! Le bois de Boulogne défile sous mes pas, je manque de m’étrangler avec un sucre au ravito, manger ou courir, il faut choisir. Bizarrement, je passe les 7 premiers km en 5’24 min, chrono plus qu’honorable pour la coureuse que je suis. Peu avant le 10ème, j’aperçois mon coach Alain et là les ailes me poussent, je file pour le rejoindre, mes jambes se délient, qu’est ce que je me sens bien: 5’17, 5’14, 5’05, c’est un feu d’artifice du kilométrage, je fais chauffer mon esprit pour calculer en combien de temps je pourrai arriver mais les maths me retournent le cerveau et je ne parviens pas à définir de pronostic. Tant pis, je m’en remets au hasard !

Le soleil éclate dans les rues de Paris, les quais de Seine étincellent sous les pieds des runneurs et je martèle les pavés en me rappelant les paroles de mon père « Essaie d’allonger ta foulée sans accélérer ». L’élan du 10ème km commence à se ternir, oh oh, aurais-je trop forcé ? Et le tunnel qui pointe le bout de son nez exprès pour me freiner. Au 15ème je suis à 1h21, ce qui me ferait du heu…. Combien au 20ème ? Raaaaa, encore les maths, décidément je ne peux pas faire confiance à mes compétences de calcul mental. J’abdique.

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Merci à nos supporters pour leurs encouragements !

Je lutte pour garder un rythme correct, double et me fait doubler, sue dans les montées, ma nuque est raide, je pense à une mousse au chocolat. Et dire que les deux filles qui courent à côté de moi ont la force de faire des commérages : « Non mais tu te rends compte, elle ne mange que du quinoa, pas étonnant qu’elle perde du poids, moi je pourrai pas ». Mais comment est ce possible ? Je n’arrive même plus à remercier le petit garçon aux yeux d’ange qui me dit « Allez Elsa » alors aller déblatérer sur le régime vegan de la collègue me semble un effort surhumain. 

Quoi qu’il arrive j’accélère dans les deux derniers km, même si la route me semble interminable pour passer de l’autre côté de la Seine et rejoindre la Tour Eiffel. Plus que quelques mètres, une dernière côte assassine au 19ème, tant pis si je vomis, je veux aller plus vite, allez les jambes on y est, allongez la foulée, la ligne est passée !

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1h48’16 et je suis en forme, les mollets menacent de cramper mais se tiennent tranquilles, le haut du dos est un peu raide, qu’est ce que j’ai envie de sucre ! Étourdie, je rejoins le groupe dans le stade, nous partageons nos impressions de course et restons un moment assis dans l’herbe, un peu sonnés mais sous le coup d’une douce euphorie. Sans plus attendre je fonce dans le bâtiment des kinés pour me faire masser, je ne rate jamais une occasion car cela me relaxe beaucoup après une course. Merci aux étudiants de l’école Danhier pour leur patience face aux pieds noircis !

Voilà maintenant presque un an que je n’avais pas autant apprécié une course. Après un semi maladif, un marathon laborieux et un 10km trop rapide, j’ai pris un énorme plaisir avec les 20km de Paris, tant pour le parcours et le soleil resplendissant que les sensations engendrées. A l’heure où j’écris ces lignes, les endorphines se distillent encore en moi, me chatouillent les narines et me chuchotent à l’oreille que la vie est belle. La semaine tendue est oubliée, laissons les tracas de côté, qu’il est bon de planer.

Finissons en beauté avec le traditionnel repas d’après course, pris à 16h avec des collègues du club au Chibby’s dinner près de Nation :

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Et vous, avez vous dit oui aux 20km de Paris ?

3 Commentaires

  1. Typhaine dit : Répondre

    Comme toi j’ai trouvé que le parcours était sensationnel et j’ai adoré cette course. Beaucoup mieux que le semi. C’est agréable partager cette expérience !

  2. Super compte rendu, je me retrouve tout à fait dans ton récit ; des sensations aux interrogations en passant des coureurs en plein papotage (et même dans le temps, on est assez proche).
    Bravo pour ta course 🙂

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Merci, je suis contente de voir que les lecteurs se reconnaissent ! A bientôt sur une course peut être !

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