Winter is coming

Jeudi dernier, j’ai vécu une expérience ébouriffante.

Après avoir passé trois heures en réunion numérique, supporté des élèves hurleurs et bravé les éternuements répétitifs des collègues maladifs, j’ai senti qu’une séance de course à pied ne serait pas de refus pour oxygéner mon cerveau qui commençait sérieusement à s’atrophier.

Les copines ayant répondu négativement à mes tentatives de motivation sous prétexte qu’il pleuvait, je ne me suis pas laissée influencer et, guidée par un instinct de survie, je fonçais au club sans me soucier de la flotte qui ne cessait de marteler les toits.

Mardi dernier sur la piste, j’avais déjà failli me faire avoir par la flemme et la pluie avait diminué dès le début de l’entrainement, de quoi vous faire regretter d’être resté à la maison. En plus l’air était doux ce jeudi là malgré la vague de froid prévue, et je décidais de faire l’impasse sur l’imperméable à capuche, préférant le top à manches longues pour éviter d’avoir trop chaud pendant l’effort.

La sortie dans le bois avait plutôt bien débuté. Thierry, Valérie, coach Alain et moi trottinions calmement sur les chemins, fiers d’être venus malgré le temps, certains que ce genre de sortir atypique renforçait nos défenses et notre résistance naturelle. Bref, des héros ! Après 20 minutes de discussion tranquille, la pluie s’est mise à doubler d’intensité. « Merci Valérie » a commencé à crier Thierry pour se faire entendre, car c’était elle qui lui avait dit de venir courir ce soir, en lui assurant que le temps allait s’améliorer. Je commençais à grelotter sous mon top trop léger que l’eau transperçait, et les gouttes ruisselaient dans mes cheveux, dans mes yeux, sur le bout de mon nez. Nous continuions à blaguer, mais la fréquence de parole se réduisait peu à peu.

Et puis il y eut le retour. Du château de Vincennes jusqu’au club, la longue ligne droite si calme d’habitude, synonyme de récup’, d’ordinaire si douce… transformée en champ de bataille. Moi qui voulais faire un mud day, j’ai été servie ! Pendant de longues minutes, une association incontrôlable de pluie battante, de vent violent et de grêle s’est amusée à nous marteler de haut en bas, tels des pantins luttant contre des forces supérieures.

Les yeux fermés par la force de l’eau qui troublait la vision, les pieds trempés obligés de prendre appui sur un chemin devenu ruisseau boueux. Et puis le vent, oh le vent ! On aurait cru qu’un ventilateur géant était branché en face de nous, lancé à toute puissance pour nous regarder cruellement avancer à la vitesse d’une tortue unijambiste.

Mes vêtements étaient trempés jusqu’à les tordre. A partir de ce stade, nous avons cessé toute conversation, chacun essayant de s’en sortir à force de volonté, silence troublé par un « On se renforce ! » volontairement ironique balancé à la cantonade par l’un d’entre nous.

Cette expérience unique de course dans des conditions « extrêmes » (les traileurs aguerris en rigoleraient ) m’a pourtant apporté un sentiment nouveau, unique, et vous savez quoi ? J’ai adoré ! Sentir que l’on ne peut compter que sur ses jambes pour avancer, que l’on n’a pas d’autre choix de continuer pour atteindre la fin du chemin, sentir le poids des éléments se rebeller contre un quotidien d’ordinaire si calme, j’ai été transportée. Malgré le froid qui me giflait de toute part, j’avais le sourire aux lèvres à chaque foulée, fière d’être là et nulle part ailleurs. Une véritable expérience encore plus inoubliable si elle est partagée.

Bon, par contre je vous interdis de lésiner sur la tenue vestimentaire comme j’ai pu le faire ! En cas de tempête, voici quelques indispensables à avoir toujours sur soi :

  • Un coupe-vent imperméable et respirant (et pas un top en coton que la pluie adore transpercer)
  • Une casquette pour éviter d’être aveuglé (ça peut être utile non ?)
  • Protéger les zones de frottement, car l’eau alourdi les vêtements et vous serez irrité plus facilement.

Deux trois conseils de rien du tout qui rendront cette expérience vraiment agréable (si, si, je vous assure, a-gré-able !). Ah oui, et puis on évite les téléphones, oreillettes ou autres objets fragiles qui pourraient être abîmés par des conditions météos défavorables.

Maintenant, vous pouvez vraiment courir par tous les temps et n’oubliez pas l’essentiel c’est … qu’on se renforce 🙂 !

 

 

3 Commentaires

  1. Rébecca dit : Répondre

    C’est bon tu peux faire le stage commando ! Tu devrais vraiment tenter la réserve opérationnelle, tu as la warrior attitude qui va avec l’uniforme.

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Je n’y arriverai jamais ! Je préfère que tu me narres tes aventures au coin du feu avec un kinder entre les mains !

  2. Et un chocolat chaud à l’arrivée j’espère !

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