T’as été à la piscine ?

« Tu devrais essayer la natation ! Toi qui cours beaucoup, ça te ferait du bien, tu pourrais reposer tes muscles endoloris, tes articulations malmenées et améliorer ton endurance… »

A chaque fois c’est la même rengaine ! On a beau me vanter les 1001 vertus quasi médicinales de la natation, je n’y vois qu’un grand bain d’eau chlorée dans lequel je ne rentre que sous la contrainte d’un mental d’acier.

Lunettes qui marquent, peau qui pique, eau à l’odeur javellisée que j’avale par gorgées, sans parler des longueurs interminables en brasse coulée, même avec toute la meilleure volonté du monde, je n’arrive pas à prendre l’initiative d’aller à la piscine.

Seulement voilà, quand on a trop peu de forces pour aller courir, que nos nuits de sommeil sont relativement sommaires et que tout le monde vous dit qu’il faut un peu couper avec la course à pied, il n’y a pas d’autre choix que de s’y mettre, à la natation.

Armée d’un courage sans faille en ce vendredi soir d’octobre, je pars à la pêche aux informations pour m’assurer des horaires d’ouverture et visualiser le trajet qui sépare mon appartement de la piscine du quartier.

Il est 20h, un jeune homme m’accueille avec un grand sourire et me demande si je souhaite intégrer la session naturiste qui a lieu le vendredi de 21h à 23h. Avec toute la pudeur dont je suis capable, je lui explique que je venais juste me renseigner pour connaître les horaires et tarifs du weekend, et que je reviendrai demain à la première heure car s’il y a bien une chose que je déteste encore plus que la natation, ce sont les gens qui vous bousculent dans les couloirs de nage parce que vous n’allez pas assez vite.

Le samedi, la piscine ouvre à 10h, c’est donc à 09h50 que je me présente à l’entrée pour acheter un ticket et aller me changer dans les vestiaires où l’odeur du chlore commence déjà à s’infiltrer dans mes narines.

L’eau est tiède, j’y rentre avec difficulté et débute par quelques longueurs de brasse coulée à allure modérée puisqu’il s’agit de la seule nage que je maitrise à peu près correctement. Au fil des minutes qui défilent le bassin se remplit mais nous pouvons garder un périmètre de nage assez large puisque la piscine fait 50 mètres, ce qui est plutôt agréable pour évoluer paisiblement.

Au bout d’un quart d’heure d’échauffement, l’ennui me guette, je tente donc le crawl…très mauvaise idée ! Quelques mètres à peine et je n’arrive plus à souffler, mon cœur s’emballe, je bois la tasse et paf ! La voisine me rentre dedans. Mauvaise gestion de la respiration, tant pis, je reprends ma session de brasse blasée.

En observant bien, je remarque qu’à côté de l’horloge (élément vital pour vous motiver lors d’une séance de natation) est affiché un programme, avec des objectifs en fonction du niveau. Curieuse, je sors du bassin pour y jeter un œil et découvre effectivement un plan d’entrainement spécial débutants, que j’adapte à ma manière pour arriver au schéma ci-dessous :

Echauffement 15min : 200 m de dos crawlé et 200 m de brasse coulée.

Nage cardio 15min : Alternance de dos crawlé, brasse et battements de pieds en accélérant, avec 1 min de récupération entre chaque nage.

Récupération 15 min : retour au calme avec de la brasse douce.

Le programme initial contenait du crawl mais ma capacité à me noyer en essayant de pratiquer cette nage m’a contrainte à revisiter le plan.

Même si les minutes n’avancent pas bien vite, j’arrive à ressentir une certaine sérénité au fil de l’eau, et le fait de diversifier les nages rompt la monotonie. Les battements de jambes avec planche ouvrent une difficulté supplémentaire, je sollicite des muscles nouveaux et les crampes dans le mollet et les pieds m’attaquent d’un seul coup, je suis obligée de faire une pause au bord du bassin.

Au bout d’1h de nage je sors et prend bien soin de m’hydrater et d’étirer mes muscles encore tendus, notamment ceux des jambes qui ont été particulièrement sollicités.

Une sensation de faim m’envahit sur le chemin du retour, c’est bon signe, et une douce fatigue s’insinue en moi, étrange mélange d’épuisement et de relaxation.

Cette expérience aura fait évoluer mon point de vue sur la natation et même s’il est toujours plus difficile pour moi d’enfiler un maillot qu’une paire de baskets, j’essaie de relativiser en me disant que le plus dur c’est l’avant et l’après piscine.

D’accord il est contraignant de se changer (surtout en hiver), d’entrer dans l’eau tiède, de ressortir avec les cheveux mouillés et imbibés de chlore, mais une fois la séance terminée, vous serez content d’avoir fait l’effort d’y aller.

Quels sont les arguments qui motivent ?

Récupérer : après un marathon, un trail ou deux séances d’entrainement, la natation vous permet de détendre vos muscles de par un effet décontracturant et d’éliminer les toxines,

Renforcer sa musculature : la résistance offerte par l’eau fait travailler vos muscles et il est possible de choisir les nages en fonction des parties du corps que vous souhaitez renforcer. La natation atténuera les chocs occasionnés par la course à pied, et améliorera la tenue de votre dos. Plus la peine de faire des séances d’abdominaux !

Perdre du poids : bonne nouvelle, la natation est très gourmande en calories. Plus la peine de tenter un régime amincissant avant l’été pour sculpter votre corps et galber votre silhouette, la nage s’en charge.

– Chouchouter ses articulations : beaucoup moins traumatisante que la course à pied, la natation ménage vos articulations et permet de limiter les impacts. Vous pouvez la pratiquer en entrainement croisé ou pour reprendre le sport après une blessure.

L’idéal serait d’alterner running et natation mais les emplois du temps arrivent vite à saturation avec ce genre de programmation utopique. Après plusieurs essais, j’ai réussi à trouver un rythme convenable en allant nager quand je ne peux pas courir ou quand je sens que mes articulations fatiguent à la suite de séances running trop éprouvantes.

Le planning idéal comprendrait trois séances de course à pied hebdomadaires plus une de natation mais j’arrive très rarement à m’y tenir, sauf pendant les vacances.

Comme pour la course à pied, je varie les entrainements, le type de nage, le rythme et parfois je pars à la découverte d’une piscine nouvelle pour engager ma motivation. Prochainement, j’aimerais tester la piscine flottante Joséphine Baker dans le 13ème pour tenter l’expérience de nager sur la Seine.

A ma grande surprise, je préfère pratiquer ce sport seule pour être dans ma bulle et m’évader au fil des longueurs et au gré des humeurs.

Finalement, ceux qui ne jurent que par la natation n’ont peut-être pas tort, au-delà des yeux qui piquent et de l’eau chlorée il y quelque chose à explorer.

Je vais peut-être même prendre quelques cours de crawl pour me frotter à la sensation de glisse pure.

Et si vous vous jetiez à l’eau ?

Crédits photos : https://pixabay.com/fr/

4 Replies to “T’as été à la piscine ?”

  1. Suis partante pour Joséphine Baker quand tu veux ! J’adore cette piscine. Une idée pour rendre les séances de nage moins monotones: le MP3 waterproof… c’est bientôt Noël !!

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      Ah oui c’est une bonne idée ! A tester !

  2. Je pratique moi aussi régulièrement depuis plusieurs mois et j’y trouve de l’apaisement en plus du plaisir de faire travailler d’autres muscles qu’en Cap.
    Denise

    1. Les carnets d'une runneuse dit : Répondre

      L’apaisement est le mot juste, c’est aussi exactement ce que je ressens en natation. C’est aussi plus doux je trouve.

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